Pourquoi ce blog ?

Grande Musique Noire

Le sujet de ce blog est ce qu’il est convenu d’appeler, depuis l’AACM, la « Great Black Music », c’est-à-dire le jazz, la soul, le funk, le reggae, le tropicalismo, le hip-hop, bref, les musiques afro-américaines. A nos yeux l’unité de ces différentes musiques est évidente, même si elle n’exclut nullement une grande diversité ni des liens – parfois très profonds, voire plus importants – avec d’autres univers musicaux.

Nous n’ignorons pas la charge raciale et politique de l’expression. C’est l’angle d’attaque de Philippe Robert dans « Great Black Music », paru chez « Le Mot et le Reste ». Ce beau bouquin est une des grandes sources d’inspiration de ce projet, même si nous ne partageons pas ses options politiques et avons l’ambition d’éclairer le sujet un peu différemment. Certes, la dimension noire et contestataire de la Great Black Music est revendiquée par nombre de musiciens qui la pratiquent. Ne serait-ce que pour ce motif, il convient de la garder à l’esprit. De la même manière cependant qu’il serait indéfendable d’ignorer les musiciens ou compositeurs asiatiques qui pratiquent la musique classique sous prétexte qu’ils ne pourraient accéder aux qualités essentielles d’une forme d’art européenne, il nous semblerait absurde de limiter le propos de ce blog aux artistes possédant la quantité requise de gènes africains ou à ceux qui adhèrent à telle ou telle philosophie politique.

Le concept de Great Black Music reste cependant utile parce qu’il désigne une réalité difficile à nommer autrement et qu’il révèle certains liens qui approfondissent notre compréhension de la musique. Il mérite à ce titre d’être partiellement « désidéologisé », c’est-à-dire d’être reconnu comme une réalité objective et pas seulement comme le programme politico-artistique qu’il est également. Car même si certains artistes qui pratiquent la Great Black Music ne sont pas noirs, elle n’en reste pas moins enracinée d’abord dans la culture et l’expérience des noirs américains. C’est précisément parce que cette culture et cette expérience possèdent une portée universelle que des artistes qui n’en sont pas issus y ont trouvé un véhicule adéquat. Et c’est parce que cette expérience fait résonner quelque chose en nous qui n’est pas nécessairement lié à la couleur de notre peau que nous aimons la Great Black Music.

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§ 2 réponses à Pourquoi ce blog ?

  • fredwauters dit :

    A ce propos, je me souviens il y a quelques années d’un concert dans lequel jouait Hank Jones. Le saxophoniste leader du quartet, dont le nom m’échappe à présent, n’a pas hésité à récuser le terme jazz auquel, selon lui, il fallait préférer « contemporary black music ».

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